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Afrique

Justice : La cour pénale internationale abandonne les poursuites contre le président Kenyan Uhuru

le président Kenyan Uhuru KenyattaLa cour pénale internationale (CPI) abandonne les poursuites contre le président Kenyan Uhuru Kenyatta. L’annonce a été faite ce vendredi 05 décembre 2014 par le procureur de la CPI Fatou Bensouda. Un ultimatum d’une semaine lui avait été donné par les juges pour apporter des preuves solides dans les accusations portées contre le président kenyan. Dans l’incapacité d’apporter ces preuves le procureur s’est vue dans l’obligation de retirer les charges portées contre Uhuru Kenyatta. Dans son communiqué rendu public ce jour, le procureur Fatou Bensouda pointe du doigt les autorités kenyanes, les accusant de l’avoir empêché de mener son enquête à bout en refusant de lui transmettre certains documents importants. Par contre, les juges ont signalés qu’Uhuru Kenyatta ne sera pas blanchi comme l’auraient voulu ses avocats. Premier chef d’Etat en exercice à comparaitre devant la CPI, Uhuru Kenyatta était accusé de crimes contre l’humanité suite à des violences politico-ethniques. Ces violences survenues après les élections présidentielles de 2007 avaient occasionnées la mort de plus d’un millier de personnes et des centaines de millier de déplacés.

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Éthiopie : La surveillance des télécommunications fragilise les droits humains

Éthiopie - La surveillance des télécommunications fragilise les droits humainsLe gouvernement éthiopien utilise divers outils technologiques d'origine étrangère pour renforcer sa surveillance généralisée des télécommunications des militants de l'opposition et des journalistes en Éthiopie ainsi qu'à l'étranger, déclare Human Rights Watch dans un rapport.

Le rapport de 100 pages, intitulé « 'They Know Everything We Do': Telecom and Internet Surveillance in Ethiopia » (« 'Ils savent tout ce que nous faisons' : Surveillance Télécom et Internet en Éthiopie »), décrit diverses technologies acquises auprès de plusieurs pays par le gouvernement éthiopien et que celui-ci utilise pour faciliter la surveillance des opposants politiques présumés à l'intérieur du pays et dans la diaspora. Les pratiques de surveillance du gouvernement violent les droits à la liberté d'expression, d'association et d'accès à l'information. Le monopole du gouvernement sur l'ensemble des services de téléphonie mobile et d'Internet grâce à son unique opérateur de télécommunications appartenant à l'État, Ethio Telecom, facilite l'abus des pouvoirs de surveillance.

« Le gouvernement éthiopien utilise le contrôle de son système de télécommunications comme un outil pour réduire au silence les voix dissidentes », a déclaré Arvind Ganesan, directeur de la division Entreprises et droits humains à Human Rights Watch. « Les entreprises étrangères qui fournissent des produits et des services facilitant la surveillance illégale de l'Éthiopie risquent de se rendre complices de violation des droits humains. »

Le rapport s'appuie sur plus de 100 entretiens avec des victimes d'abus et d'anciens responsables des renseignements en Éthiopie et 10 autres pays entre septembre 2012 et février 2014. En raison du contrôle total du gouvernement sur le système de télécommunications, les agents de sécurité éthiopiens ont un accès pratiquement illimité aux enregistrements d'appels de tous les utilisateurs de téléphone en Éthiopie. Ils enregistrent régulièrement et facilement des appels téléphoniques sans aucune procédure ni supervision légale.

Les enregistrements d'appels téléphoniques avec des membres de la famille et des amis – en particulier ceux ayant des numéros de téléphone étrangers – sont souvent lus au cours d'interrogatoires abusifs pendant lesquels des personnes qui ont été arbitrairement détenues sont accusées d'appartenance à des organisations interdites. Les réseaux de téléphonie mobile ont été fermés durant des manifestations pacifiques et les endroits où se trouvaient les manifestants ont été identifiés à l'aide d'informations tirées de leurs téléphones portables.

Un ancien membre du parti d'opposition a déclaré à Human Rights Watch : « Un jour, ils m'ont arrêté et ils m'ont tout montré. Ils m'ont montré une liste de tous mes appels téléphoniques et ils ont passé une conversation que j'avais eue avec mon frère. Ils m'ont arrêté parce que nous avons parlé de politique au téléphone. C'était le premier téléphone que j'aie jamais possédé et j'ai pensé que je pouvais enfin parler librement. »

Le gouvernement a réduit l'accès à l'information en bloquant les sites Web qui offrent une analyse indépendante ou critique des événements politiques en Éthiopie. Les tests au niveau national réalisés en 2013 par Human Rights Watch et Citizen Lab, un centre de recherche de l'Université de Toronto axé sur la sécurité et les droits sur Internet, ont montré que l'Éthiopie continue de bloquer les sites Web de groupes d'opposition, les sites de médias et les blogueurs. Dans un pays où il y a peu de médias indépendants, l'accès à de telles informations est essentiel.

Les autorités éthiopiennes utilisant la surveillance de la téléphonie mobile ont souvent pris pour cible la population appartenant à l'ethnie Oromo. Des conversations téléphoniques sur écoute ont été utilisées pour obliger les gens en garde à vue à avouer leur appartenance à des groupes interdits, tels que le Front de libération Oromo, qui lutte en faveur d'une plus grande autonomie pour le peuple Oromo, ou afin de fournir des informations sur les membres de ces groupes. Des courriels et des appels téléphoniques interceptés ont été présentés comme éléments de preuve lors de procès en vertu de la loi éthiopienne critiquable sur la lutte contre le terrorisme, sans indication que des mandats judiciaires aient été obtenus.

Les autorités ont également arrêté et interrogé les personnes qui ont reçu des appels de numéros de téléphone provenant de l'extérieur de l'Éthiopie qui peuvent ne pas figurer dans les bases de données d'Ethio Telecom. En conséquence, un grand nombre d'Éthiopiens, en particulier dans les zones rurales, ont peur d'émettre ou de recevoir des appels téléphoniques de l'étranger, un problème particulier pour un pays dont beaucoup de ressortissants travaillent à l'étranger.

La plupart des technologies utilisées pour surveiller l'activité des télécommunications en Éthiopie ont été fournies par le géant des télécoms chinois ZTE, présent dans le pays depuis au moins 2000 et son fournisseur exclusif d'équipements de télécommunications de 2006 à 2009. ZTE est un acteur majeur dans l'industrie africaine et mondiale des télécommunications, et continue d'avoir un rôle clé dans le développement du réseau de télécommunications naissant de l'Éthiopie. ZTE n'a pas répondu aux demandes de Human Rights Watch quant à savoir si l'entreprise prend des mesures pour combattre et prévenir les violations de droits humains liées à la surveillance téléphonique illégale en Éthiopie.

Plusieurs entreprises européennes ont également fourni une technologie de surveillance de pointe à l'Éthiopie, qui a été utilisée pour cibler des membres de la diaspora. L'Éthiopie semble avoir acquis et utilisé la technologie FinFisher de Gamma International, société basée au Royaume-Uni et en Allemagne, ainsi que le système de contrôle à distance de la société italienne Hacking Team. Ces outils permettent aux services de sécurité et de renseignement d'accéder à des fichiers, des informations et l'activité sur l'ordinateur de la cible infectée. Ils peuvent entrer des frappes et des mots de passe et activer la webcam et le microphone d'un périphérique, transformant de fait un ordinateur en un dispositif d'écoute. Les Éthiopiens vivant au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Norvège et en Suisse figurent parmi les personnes connues pour avoir été infectées par ce logiciel et des procès ont été intentés aux États-Unis et au Royaume-Uni sur des allégations d'écoutes illégales. Une conversation Skype tirée des ordinateurs d'Éthiopiens infectés est apparue sur des sites pro-gouvernementaux.

Gamma n'a pas répondu aux demandes de Human Rights Watch pour savoir si elle a un véritable processus en place pour restreindre l'utilisation ou la vente de ces produits aux gouvernements ayant de mauvais antécédents en matière de droits humains. Bien que Hacking Team applique certaines précautions pour limiter l'abus de ses produits, elle n'a pas confirmé si et comment ces précautions ont été appliquées aux ventes au gouvernement éthiopien.

« L'utilisation par l'Éthiopie de technologies étrangères pour cibler les membres de l'opposition à l'étranger est un exemple très troublant de ce commerce mondial non réglementé, générant des risques sérieux d'abus », a déclaré Arvind Ganesan. « Les fabricants de ces outils devraient prendre des mesures immédiates pour remédier à leur mauvaise utilisation ; notamment mener des enquêtes sur l'utilisation de ces outils pour cibler la diaspora éthiopienne et prendre en compte l'impact de leur utilisation sur les droits humains en Éthiopie. »

Ces puissants logiciels espions restent pratiquement non réglementés à l'échelle mondiale et les contrôles au niveau national ou les limites de son exportation sont insuffisants, selon Human Rights Watch. En 2013, des organisations de défense des droits humains ont déposé une plainte auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques alléguant que ces technologies ont été déployées pour cibler les activistes au Bahreïn, et Citizen Lab a trouvé des preuves de l'utilisation de ces outils dans plus de 25 pays.

Les droits bénéficiant d'une protection internationale à la vie privée et la liberté d'expression, d'information et d'association sont inscrits dans la Constitution éthiopienne. Cependant, l'Éthiopie soit ne dispose pas, soit ne tient pas compte, des mécanismes judiciaires et législatifs permettant de protéger les personnes contre la surveillance illégale du gouvernement. Ce danger est aggravé par l'utilisation généralisée de la torture et d'autres mauvais traitements contre les détenus politiques dans les centres de détention éthiopiens.

L'étendue de l'utilisation par l'Éthiopie des technologies de surveillance peut être limitée par des problèmes de capacité et un manque de confiance entre les principaux ministères du gouvernement, selon Human Rights Watch. Mais à mesure que cette capacité augmente, les Éthiopiens peuvent s'attendre de plus en plus à une utilisation illicite beaucoup plus répandue de la surveillance des téléphones portables et des courriels.

Le contrôle effectif exercé par le gouvernement est exacerbé par la perception parmi beaucoup d'Éthiopiens que la surveillance du gouvernement est omniprésente, ce qui entraîne une autocensure considérable, les Éthiopiens s'abstenant de communiquer ouvertement sur une variété de sujets à travers les réseaux de télécommunications. L'autocensure est particulièrement fréquente en Éthiopie rurale, où la couverture de téléphonie mobile et l'accès à l'Internet sont très limités. Le mode principal de contrôle de la part du gouvernement se fait au moyen de vastes réseaux d'informateurs et d'un système local de surveillance. Cet héritage rural signifie que de nombreux Éthiopiens ruraux ne considèrent les téléphones portables et autres technologies de télécommunications que comme un autre outil pour les surveiller, a constaté Human Rights Watch.

« Tandis que le système de télécommunications de l'Éthiopie se développe, il y a un besoin de plus en plus pressant de s'assurer que les protections juridiques adéquates soient respectées et que les responsables de la sécurité n'aient pas libre accès aux communications privées des personnes », a conclu Arvind Ganesan. « L'adoption des technologies Internet et téléphoniques devrait soutenir la démocratie, faciliter la diffusion des idées et des opinions ainsi que l'accès à l'information, plutôt que d'être utilisée pour étouffer les droits des personnes. »

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Kenya : Les masaï s’adaptent aux changements climatiques par le biais de l’agriculture et non de l’élevage de vaches

Kenya MassaiEmily Kokoyo a de bonnes raisons de sourire depuis qu’elle a commencé à pratiquer la polyculture. Sa famille avait l’habitude de ne compter que sur l’élevage pour vivre. Maintenant, elle cultive aussi des plantes qui résistent à la sécheresse et mûrissent rapidement en plus de s’adapter à l’évolution du climat.

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Guinée-Bissau : les élections, et après ?

Election Guinée buissauLe 13 avril 2014, deux ans et un jour après le coup d’Etat qui a empêché la victoire du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) à l’élection présidentielle de mars-avril 2012, au terme d’une série de reports et de crises, la Guinée-Bissau va enfin tenir ses élections.

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L’Eglise africaine exige une bonne gouvernance des Etats

Les chrétiens de la République démocratique du Congo devaient participer jeudi 16 février à une marche, finalement interdite par le gouvernement. Cette initiative destinée à réclamer un État plus juste fait suite à plusieurs interventions vigoureuses des épiscopats africains dans le jeu politique. Dans certains pays, la position des Églises reste toutefois marquée par une proximité avec le pouvoir en place.

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Les mots claquent, sans appel. « Il fallait se lever contre l’institutionnalisation du mensonge et l’assassinat de la vérité »,  assène le P. Sylvain Kalamba-Nsapo, théologien congolais installé à Bruxelles, pour justifier la marche à laquelle devaient participer jeudi 16 février ses compatriotes à Kinshasa avant son interdiction par le gouvernement. 

Cette manifestation de grande ampleur était organisée par la Conférence épiscopale de la République du Congo pour protester contre les irrégularités « graves »  qui ont entaché les élections législatives et présidentielle du 28 novembre 2011. « Il est de la mission prophétique de l’Église de rassembler tout son courage pour montrer qu’elle est capable de prendre position et d’assumer ses responsabilités dans la société. Sans mollesse ni contradictions »,  poursuit le P. Kalamba-Nsapo, tout aussi directement..

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