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Last updateSam, 07 Fév 2015 11pm

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Situation politique nationale : « Au niveau de l’UPC nous n’avons pas une vision sectaire » dixit Nathanaël OUEDRAOGO.

UPC nathanael-ouedraogo. La situation politique nationale est marquée par des actions tout azimut : mouvements de protestations contre des responsables de structures, suspension des partis politiques, tentatives de justification de cette suspension, … L’ex-opposition n’en demande pas mieux pour attirer l’attention du peuple. Dans cette interview accordée à notre rédaction le vendredi 26 décembre, Nathanaël OUEDRAOGO, Secrétaire National en charge des consultations électorales de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) nous donne sa lecture de la situation.

 

Ledecentreur.com : Après le départ précipité de Balaise Compaoré, avez-vous changé de stratégie de campagne ? Si oui quelle peut être cette nouvelle stratégie ?

Nathanaël OUEDRAOGO : Pour le moment il ne s’agit pas de stratégie, mais de calendrier électoral. Aujourd’hui ce que nous nous attelons à faire c’est de poser les bases d’une société équitable. Des bases solides qui vont permettre à tous les burkinabè d’être égaux en droit, devant la justice, devant le partage de richesse et le transfert de connaissance. Si ces bases sont bien posées nous sommes sûrs que le reste viendra. Nous sommes en train de réfléchir à comment asseoir toutes ces bases pendant les quelque dix mois que dureront la transition. Le Conseil national de la transition qui représente le peuple va déjà poser des jalons, mais il revient à l’équipe qui sera élue en 2015 de poursuivre ces actions. Pour le moment c’est ça notre souci, mais un moment viendra ou nous serons véritablement en campagne pour expliquer au peuple celui qu’il faut choisir.

Ledecentreur.com : Ces derniers temps on assiste à des sorties des leaders de partis politiques, à Ouagadougou comme dans les provinces pour saluer la population pour leur endurance. N’est-ce pas là une façon d’appeler la population à vous soutenir ?

N. OUEDRAOGO : Si vous regardez bien la constitution dit qu’un parti politique est appelé à animer la vie de la nation. Donc l’animation passe par des activités qui sont parfois publiques. A ne pas confondre avec une campagne qui, elle, entre dans le choix des hommes. Si nous partons pour informer les gens et nous leur disons de voter pour nous, c’est une campagne. Mais à partir du moment où nous leur expliquons ce que c’est que l’UPC, comment la reconnaitre, quelles sont ses valeurs, quelle est l’idéologie qui la sous-tend, quels sont les hommes qui l’animent, etc. pour moi cela n’est pas une campagne mais plutôt de l’information. Car nous ne partons pas avec des pancartes pour dire « votez UPC », mais nous nous en tenons à informer notre peuple sur les valeurs républicaines.

Ledecentreur.com : En termes de mobilisation électorale, après la suspension du CDP et ADF/RDA, quel est votre redoutable concurrent politique actuellement?

N. OUEDRAOGO. : Aujourd’hui on parle de suspension et non de suppression. Donc ces deux partis demeurent des concurrents électoraux. Si les élections se tiennent effectivement dans les dix prochains mois, cette suspension sera déjà levée. A l’UPC nous pensons qu’on doit laisser tout le monde participer. Si une personne a des comptes à rendre à la justice, qu’elle le fasse. Tant que le parti n’a pas franchie une ligne rouge, il doit pouvoir exister. La démocratie a des exigences et nous pensons que tout le monde doit être au rendez-vous pour être candidat pour ceux qui le désirent. Nous ne sommes pas heureux du tout si on recale des gens.

Ledecentreur.com : Ne craignez-vous pas que les militants du CDP ou ceux de de l’ADF aillent se joindre au MPP ?

N. OUEDRAOGO: Je pense que la démocratie c’est la liberté de choix. Je vous assure qu’au niveau de l’UPC nous n’avons pas une vision sectaire, en disant « c’est nous ou le chaos », Blaise l’a fait mais où est-il ? Nous pensons que le peuple est souverain et nous voulons qu’il soit consulté réellement. Si les élections sont faites librement, de façon transparente et que le peuple choisit démocratiquement l’équipe qu’il veut pour la conduite du pays, nous applaudissons quelle qu’en soit la personne. A la fin du mandat l’équipe élue devra rendre compte aux électeurs, et si le bilan est négatif, elle devra laisser la place à d’autres. C’est ça la démocratie, la volonté du peuple. Et nous n’avons pas peur du peuple, au contraire nous sommes avec le peuple. C’est ceux qui ont peur du peuple qui ne sont pas clairs dans leurs actions.

Ledecentreur.com : Dans les zones rurales, les votes des populations sont souvent orientés par des dons de Tee-shirt, de casquettes et autres gadgets. Il y a quelques semaines, la société civile a demandé la suppression pure et simple de cette stratégie qu’elle considère comme des achats de conscience. Quel est votre avis par rapport à cela ?

N. OUEDRAOGO: Effectivement il y a des partis comme le CDP qui achetaient les électeurs avec des gadgets. J’avais même dit que j’allais poursuivre François Compaoré en justice, car lors de la reprise des élections dans l’arrondissement 4, il avait dit qu’il promettait cinq millions à chaque secteur qui voterait pour eux. Alors que cela est puni par le code électoral. La loi existait déjà, il suffisait de l’appliquer à l’époque. Toute personne qui, d’une manière ou d’une autre, tend à obtenir le suffrage d’un électeur en usant des méthodes déloyales doit être sanctionné. Mais si les tee-shirts sont utilisés pour la sécurité lors des événements, il n’y a pas d’inconvénients à cela. Quand les électeurs entrent dans les isoloirs pour voter, c’est par votre logo qu’ils vous reconnaitront, mais s’ils ne l’ont jamais vu c’est compliqué. Sinon nous sommes contre la corruption électorale quelle que soit sa forme.

Ledecentreur.com : Les chefs traditionnels ont encore de l’influence. Comptez-vous les inclure dans votre stratégie de campagne?

N. OUEDRAOGO: La chefferie traditionnelle est une composante du pays. Elle est détentrice et dépositaire de nos us et coutumes, je pense qu’il faut même institutionnaliser la chefferie traditionnelle. Et, petit à petit, la transformer en quelque chose de culturel, de civilisationnel, en quelque chose d’immuable pour qu’on puisse transmettre les vraies valeurs africaines à notre société qui souvent est en déperdition. Politiquement, même si le chef a sa position, il ne doit pas la manifester publiquement. Souvent dans nos meetings nous avons demandé à des chefs qui sont de l’UPC de s’abstenir de venir. Un chef, même s’il a sa religion ne doit pas la dévoiler. Pour nous, la chefferie traditionnelle reste au cœur de nos activités, mais elle doit garder cette place privilégiée qu’elle a de concilier, d’être l’unité, le forum des villages et des provinces.

Ledecentreur.com : Un message à l’endroit de la population burkinabè et la jeunesse en particulier, dans un Burkina assoiffé de changement?

N. OUEDRAOGO: Le message que j’ai pour la jeunesse, c’est un message pratique. Il ne faut pas se laisser emballer par les idéologies des politiques car c’est leur avenir qui est en jeu. En tant que jeune on doit réfléchir à celui qui va prendre le pays et nous donner l’espoir demain. Et si la personne n’a pas fait ses preuves dans le passé, elle n’en vaut pas la peine. C’est cet espoir que la jeunesse doit nourrir et être vigilante pour surveiller celui qui sera au pouvoir. On dit que l’homme choisit au mieux de ses intérêts bien compris.

                                                             Propos recueillis par Noufou OUEDRAOGO

 

 

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