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Burkina Faso : Que se passe-t-il les 30 et 31 octobre 2014, insurrection ou révolution ?

Ousmane DRABO-Luc Marius Ibriga Pr Mahamadu00E9 Sawagodomoderateur Moussa Diallo

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Insurrection, révolution, soulèvement populaire,…tous les mots étaient bons pour qualifier les évènements des 30 et 31 octobre 2014. C’est pour lever ces confusions que le collectif Manifeste des Libertés a organisé une conférence publique sur le thème « Insurrection et Révolution ». C’était le samedi 31 janvier 2015 à l’amphi B de l’Université de Ouagadougou. Au panel : le Pr Luc Marius IBRIGA, Pr Mahamadé SAWADOGO et M. Moussa DIALLO.

 

 

Selon le Pr. IBRIGA, président de l’autorité supérieure du contrôle d’Etat, par ailleurs président du Forum pour la Citoyenneté et l’Alternance (FOCAL), les peuples s’insurgent généralement contre un fait qui menace l’intérêt général. Cela est légiféré par la Déclaration des droits de l’homme de 1793 en son article 37 qui stipule que « quand le Gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des devoirs et le plus indispensable des droits ». Dans les régimes communistes (comme ce fut le cas en Chine et en URSS), l’insurrection était donc  un moyen pour renverser un pouvoir. Contrairement aux systèmes de démocratie où l’on considère que l’insurrection n’est pas la bienvenue pour l’expression de la colère des gouvernés. La voie des contestations demeurant celle des urnes. Pour lui, l’insurrection étant une expression du mécontentement des peuples qui veut faire prévaloir ses droits et ses libertés, se distingue de la révolution qui vise à rompre totalement avec un régime effondré.

Prenant le cas du Burkina Faso, on ne peut parler de révolution vu son caractère spontané. Il s’agit d’une insurrection. Rien n’était préparé pour qu’on puisse évoquer du caractère révolutionnaire des évènements. « Le pouvoir gisait et personne de ceux qui était sortis pour manifester n’a pu le ramasser parce que personne ne s’attendait à la fuite de Blaise Compaoré» dit-il ; avant de poursuivre en disant qu’à l’heure actuelle, nous sommes dans une transition « foncièrement réformiste » et non une révolution.

Prenant le contre-pied de l’actuel patron de l’Autorité Supérieure du Contrôle d’Etat, Moussa DIALLO, chargé de la législation à la Confédération Générale des Travailleurs du Burkina (CGT-B) démontre que même si l’insurrection populaire n’est pas en soi une révolution, elle apparait comme l’une des conditions indispensables pour atteindre cette dernière. L’exposant s’appuie sur les idéologies marxistes et léninistes pour étayer ses propos pour analyser la situation du Burkina dont il dit être déçu de son déroulement. Pour Monsieur DIALLO, les conditions concourant en un bon déroulement de l’insurrection n’ont pas été réunies dans le cas précis de notre pays. Ces conditions se déclinent essentiellement en une certitude d’assumer les conséquences et non basé sur un complot.

La dernière intervention qui a été celle du Pr. Mahamadé SAWADOGO, enseignant au département de philosophie à l’Université de Ouagadougou pour qui «  Nous avons eu une insurrection, nous n’avons pas eu une révolution »

Pour le Professeur, l’on devrait mettre en place des instances pour soutenir l’organisation du pouvoir populaire (avec une assemblée constituante et non un conseil national de la transition, un gouvernement révolutionnaire, et non celui de la transition). Il reconnait cependant que ces évènements ont contribué à affirmer la force du peuple, à jeter les bases de la démocratie. Le pour améliorer la transition et bien préparer le régime à venir après les élections de cette année,  le Pr SAWADOGO propose  le contrôle du financement des campagnes électorales, l’interdiction pour les personnes qui ont servi dans l’ancien régime de se présenter ; et encourage les candidatures indépendantes.

Ce panel s’inscrit dans une série de conférences que compte organiser le Mouvement du Manifeste pour la Liberté à travers le pays afin d’avoir un œil regardant et général sur la vie politico-sociale du Burkina. Du reste, dans sa déclaration liminaire, le mouvement invite tous les acteurs à plus d’actions allant dans le sens du changement positif et profitable à tout le monde.

 

Par Ousmane DRABO

 

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