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Last updateSam, 07 Fév 2015 11pm

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Burkina Faso : La locomotive transitoire en marche

Le président de la transitionMichel kafando. Le train de la transition burkinabè est en marche. La maison des Hommes Intègres regagne peu à peu le soufflement de son traditionnel vent lénifiant. Les nouveaux bâtisseurs sont au pied du mur pour redorer le blason de la ‘’casa’’. Mais pourront-ils répondre convenablement aux attentes du peuple intègre?

 

Un mois après le chavirement de la locomotive ‘’Compaoré’’, le 31 octobre dernier, les acteurs de la scène politique Burkinabè ont réussi à remettre le train sur les rails.

Les ‘’matelots aux bérets rouges’’, qui étaient aux commandes dès les premières heures, après la fièvre des manifestations ayant conduit à la chute du régime Compaoré, ont tenu leur promesse en rendant le pouvoir à une personnalité civile : le diplomate Michel Kafando. Après avoir prêté officiellement serment le 21 novembre dernier, semble bien tenir les gouvernails.

La formule magique a donc été trouvée à l’épineuse question de la transition, conformément aux textes statuaires de la charte qui régit en ce moment le processus transitoire. Le gouvernement de la transition a été constitué et le Conseil National de la Transition (CNT) a tenu sa première session plénière le mardi 2 décembre 2014 dernier.

Les premiers signaux envoyés par le navire Kafando sont porteurs d’espoir !

Si par nature, les transitions politiques ont toujours posé problème, les hommes intègres ont su trouver la solution adéquate. Il s’agit d’une formule de transition démocratique apaisée, acceptée par tous : société civile, opposition, ancienne majorité, les forces de défense et de sécurité, chefs religieux et coutumiers, etc.

Pour l’archevêque de Bobo, Mgr Paul Ouédraogo, le programme du président de la transition « est exactement ce que les gens attendent parce que concerne étroitement les problèmes de corruption et d’impunité. Il est extraordinairement en phase avec les attentes de la révolution». Le chef du gouvernement, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a, quant à lui, déclaré qu’« Aujourd’hui, nous sommes ensemble pour asseoir les bases inébranlables d’une démocratie, véritable aspiration profonde de notre peuple ». Ces propos sont accompagnés d’illustrations perceptibles via la lutte contre l’impunité et la mise en place de la justice, qui est clairement affirmée avec la décision de permettre des enquêtes sur la sépulture de l’ancien président Thomas Sankara, et également la justice pour les martyrs de la révolution.

Pour Luc Marius Ibriga, l’un des rédacteurs de la charte, il s’agira surtout d’une transition pour refonder la démocratie au Burkina Faso et non pas une transition préélectorale.

La communauté internationale, par la voix du président Français François Hollande, lors du sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie, « salue le courage du peuple burkinabè qui a pris son destin en main, pour donner un exemple aux dictateurs africains ».

Cela est qualifié de « maturité politique » de la part des Burkinabè.

Beaucoup de choses restent pourtant à revoir

Les chantiers de la reconstruction nationale sont énormes. Le Burkina Faso fonctionne toujours sous la constitution de la IVe république. Ce qui signifie que rien n’a fondamentalement changé dans la structuration du pouvoir en place.

En revanche, le véritable changement démocratique, imposé par la dynamique populaire, implique l’engagement à bâtir ensemble une nouvelle société. Dans cette perspective, la loi électorale doit être revue car elle est source d’inégalité. C’est le cas par exemple des dépenses relatives aux financements privés des campagnes électorales. La question des gadgets électoraux a été évoquée par la société civile comme des achats de conscience, demandant ainsi sa suppression pure et simple. Toute chose qui reste à être mise en œuvre par les acteurs politiques.

Il faudra donc tout mettre en œuvre pour inscrire le professeur Laurent Bado en faux qui, depuis 2010, parlait d’une « ouverture prochaine de la porte de l’enfer au Burkina Faso ». Gageons que l’insurrection qui a emporté Blaise Compaoré le 31 octobre est justement le coup de frein qui a stoppé cette descente aux enfers.

 

Noufou OUERDAOGO

 

 

 

 

 

 

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