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Le RSP constituera toujours un problème pour notre transition et les gouvernements à venir

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Le 30 décembre 2014. Grogne à la présidence du Faso, le RSP (Régiment de Sécurité Présidentielles) exigeait la démission du premier ministre. 4 février. Récidive du RSP pour exiger encore la démission de Yacouba Isaac Zida et des autres militaires membres du gouvernement. Après une rencontre entres le Président du Faso et les responsables militaires, le calme semble revenir, dans le secret du silence que l’on reconnait à la grande muette. 

Encore le RSP serait-on tenté de dire. Le régiment de sécurité présidentiel anime l’actualité des médias nationaux et internationaux et ce, de la mauvaise des manières. Créé de façon illégale en 1987 par le désormais ex-président Burkinabè Blaise Compaoré pour assurer sa sécurité, ce corps d’élite assez composite constitue une pomme de discorde dans la société burkinabè. Tout serait parti de la déclaration inattendue du Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, le 13 décembre 2014 à la place de la Révolution. Face à l’insistante pression de la foule, ce dernier avait déclaré que le régiment de sécurité présidentielle serait rattaché à l’armée de terre pour d’autres missions. Dans un contexte sous régional marqué par le terrorisme et autres formes d’extrémismes, il avait laissé entendre que ce corps d’élite de l’armée vaquerait désormais à « Des missions de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. »  La nomination d’une dizaine de membres de ce régiment qui a été faite après cette déclaration a été interprétée par les soldats comme un démantèlement progressif de ce corps, le plus équipé et le plus  choyé en termes de traitement salarial dans les forces armées.     

Premier ministre pour l’armée ou pour le peuple ?

Admis au poste de premier ministre pour assurer la transition, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida n’est sans doute plus le Zida du régiment mais le chef du gouvernement burkinabè. A cet effet, il ne doit plus être le représentant du seul RSP pour défendre ses intérêts afin de le maintenir dans un pays qui souffre assez de sa présence. Selon la constitution burkinabè, la promotion à une fonction gouvernementale marque une cessation du contrat avec son poste d’origine. C’est ce que stipulent les articles 70 et 71.

Article 70 : Les fonctions de membres du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute activité professionnelle rétribuée et de toute fonction de représentation professionnelle. Toutefois, l’exercice des fonctions de représentation professionnelle à caractère international est possible avec l’accord préalable du Gouvernement.

Article 71 : Toute personne appelée à exercer des fonctions ministérielles bénéficie obligatoirement d’un détachement ou d’une suspension de contrat de travail selon le cas.

L’armée en fera t’elle l’exception ? Non, dira-t-on car cela fausserait le jeu démocratique et renforcerait la dictature militaire dans laquelle l’armée, à travers le RSP, qui dictera sa volonté au premier ministre. Ce ne devrait pas être le cas dans un Etat qui se veut démocratique.

De la nécessité de dissoudre le RSP

Il y a une urgence pour notre pays de se passer des services de ce corps. Au nom d’un individu, on ne peut pas se permettre d’ôter la vie à plus d’une trentaine. Pour les intérêts égoïstes et égocentriques d’un individu ou d’un clan, on ne peut pas tirer avec des balles réelles sur une population civile innocente venue réclamer le respect de la constitution. Si l’armée est républicaine, ce corps ne l’est pas. C’est un corps à la solde d’un individu : Blaise Compaoré, créé pour sécuriser sa citadelle imprenable. Après l’insurrection populaire du 30 octobre 2014, le RSP n’a plus de raison d’exister après la répression mortelle des fils et filles du Burkina. Il est urgent de dissoudre ce corps car il constituera toujours un problème pour cette jeune transition et les gouvernements à venir.  L’armée n’a pas pour rôle de garder un président à moins que ce soit une dictature ou un régime d’exception, mais plutôt veiller à défendre l’intégrité territoriale et la garantie la sécurité des populations aux frontières étatiques : garantir la sécurité, la souveraineté et l’intégrité du territoire national. En ce qui concerne la sécurité à l’intérieur du pays, elle incombe à la police qui a pour mission de maintenir l’ordre public et d’assurer la sécurité. Il est donc grand temps de faire disparaitre ce corps.  

Des manifestations à l’horizon

Devant cette immixtion du RSP dans la gestion de la transition politique burkinabè, les organisations de la société civile prévoient une marche ce samedi 07 février 2015 pour dénoncer cet état de fait. De même, la dissolution du régiment est sur les lèvres. Les partis de l’opposition ont aussi appelé leurs militants à se mobiliser contre l’existence du RSP. C’est donc dire que personne ne volera la révolution aux Burkinabè. L’armée a ses armes mais le peuple a son nombre.

 

Rufin BATIONO

 

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